Remboursement des coûts d'utilisation en service commandé d'un véhicule privé
Étude préparée pour le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
par Corporate Fleet Services
1. Sommaire de la mise à jour sur les prix du carburant
Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a confié à Corporate Fleet Services (CFS) le mandat d’effectuer une évaluation annuelle des taux de remboursement au kilomètre sur les déplacements des fonctionnaires devant utiliser leur véhicule personnel en service commandé. De plus, l’incidence périodique de la variation des prix du carburant devait être évaluée tous les trimestres en effectuant trois autres mises à jour sur les prix du carburant chaque année. Le présent document constitue la mise à jour pour mai 2026 (pour publication le 1er juillet 2026).
Dans la dernière étude annuelle, les taux de remboursement ont été établis pour chaque province et territoire du Canada à la suite d’une analyse exhaustive de toutes les dépenses d’exploitation des véhicules. Ces taux ont été présentés dans le rapport intitulé Remboursement des coûts d’utilisation en service commandé d’un véhicule personnel, en date de novembre 2025 (pour publication le 1er janvier 2026). Une mise à jour subséquente sur les prix du carburant a été produite pour février 2026 (pour publication le 1er avril 2026).
La présente mise à jour rend compte des répercussions des prix actuels du carburant sur les taux de déplacement en service commandé et de transport quotidien qui sont recommandés dans le rapport annuel, l’accent étant mis sur les prix moyens de l’essence à la pompe dans les provinces et territoires. La moyenne des prix a été établie pour chaque province ou territoire pour les trois mois qui ont précédé la publication de la présente mise à jour (pour les mois de mars, avril et mai 2026). Tous les prix sont indiqués en dollars par litre.
De plus, dans le cadre de cette mise à jour, les plus récents taux de remboursement recommandés sont soumis à l’examen du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada en dollars par kilomètre. Les recommandations sont formulées aux taux suivants :
- Les taux de déplacement en service commandé (voyageurs autorisés et remboursés pour utiliser leur véhicule personnel lors de voyages d'affaires gouvernementaux), également appelés les « Taux par kilomètre » dans la Directive sur les voyages du Conseil national mixte (Appendice B), et
- Les taux de transport quotidien (les employés sont remboursés pour leurs dépenses variables afin d’utiliser leur véhicule personnel pour se rendre à leurs lieux de travail éloignés désignés), également appelés les « Taux par kilomètre réduits » dans la Directive sur l'aide au transport quotidien du Conseil national mixte (Appendice A).
Les taxes de vente fédérales et provinciales ont également été étudiées afin de déterminer si des changements récents auraient pu avoir eu une incidence immédiate sur le total des coûts de propriété et d’utilisation d’un véhicule.
Pour la période de mars à mai 2026, les dépenses en carburant ont représenté 21,7 % du coût total de l’utilisation d’un véhicule (comme reflété dans les taux de remboursement des déplacements en service commandé), ou une moyenne pondérée canadienne de 13,7 cents le kilomètre. La présente mise à jour a relevé d’importantes hausses du prix moyen de l’essence partout au Canada, ce qui a eu un effet à la hausse sur les taux de remboursement, sauf au Nunavut où ils sont demeurés inchangés. Par conséquent, par rapport à la mise à jour précédente sur le prix du carburant (février 2026, pour publication le 1er avril 2026), les taux de remboursement pour les dix provinces ont varié, allant de 2,5 cents le kilomètre au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Québec, à 3,5 cents le kilomètre en Colombie-Britannique. Pour les territoires, les taux ont soit resté constants, comme au Nunavut, soit augmenté jusqu’à un maximum de 4,0 cents le kilomètre comme au Yukon. Pour obtenir une explication plus détaillée des principaux facteurs qui influencent ces variations, voir la section 2.2 – Prix de l’essence dans l’ensemble du Canada.
2. Prix du carburant
2.1 Contexte du marché énergétique
Par rapport à la dernière mise à jour sur les coûts de carburant (février 2026, pour publication le 1er avril 2026), les prix de l’essence au Canada ont augmenté de façon considérable en raison des changements survenus sur le marché mondial du pétrole brut. La hausse rapide des prix du pétrole brut a été alimentée par l’extension du conflit au Moyen-Orient, ce qui a créé une instabilité géopolitique et un resserrement de l’offre en raison d’importantes perturbations dans la production et le transport dans la région du golfe Persique.
Par conséquent, les prix du pétrole brut sont passés d’environ 63 $ US le baril pour le West Texas Intermediate (WTI) et de 68 $ US le baril pour le Brent en février, à près de 113 $ US le baril pour l’indice WTI et à 118 $ US le baril pour le Brent vers la fin de mars. Les nouvelles relatives à une possible résolution du conflit ont donné lieu à d’importantes fluctuations des prix, ce qui a entraîné une forte volatilité des prix. Au 15 mai, le WTI s’échangeait à 105 $ US le baril, tandis que le Brent s’établissait à 109 $ US le baril.
Au cours des trois derniers mois, les prix de l’essence au Canada ont augmenté entre 21 % et 32 %, ou de 0,297 $ à 0,469 $ le litre dans l’ensemble des provinces et des territoires, à l’exception du Nunavut, où le prix moyen de l’essence a vu une légère baisse en raison de l’approche de fixation des prix par le gouvernement (voir la section 2.2 – Prix de l’essence dans l’ensemble du Canada pour obtenir de plus amples renseignements). Le prix quotidien de l’essence au Canada a atteint son plus haut sur trois mois le 14 mai, quand le prix moyen national était de 1,984 $ le litre. Le prix moyen de l’essence sur trois mois était de 1,735 $ le litre, par rapport à 1,355 $ le litre au cours de la précédente période de trois mois, allant de décembre 2025 à février 2026, ce qui représente une augmentation de 28,0 %. Par rapport à l’année précédente, le prix moyen sur trois mois au Canada était 15,4 % plus élevé que pendant la même période l’an dernier, où il s’établissait en moyenne à 1,504 $ le litre.
2.1.1 Demande de pétrole brut dans le monde
Au début de l’année, les perspectives économiques mondiales suivaient une trajectoire de croissance stable, soutenue par l’essor des investissements technologiques, un certain apaisement des tensions commerciales ainsi que des conditions financières accommodantes. Cependant, le 28 février 2026, les États-Unis (É.-U.) et Israël ont mené une mission militaire en Iran, qui a causé la mort de responsables politiques. Cela a mené à une guerre au Moyen-Orient qui implique de nombreux pays de la région et exerce une pression considérable sur l’industrie énergétique mondiale. Comme le conflit est encore relativement nouveau, toutes les projections liées à ses retombées sur l’économie mondiale demeurent limitées et doivent être considérées avec prudence. De plus, les risques de détérioration qui pourraient mener à des résultats moins favorables demeurent importants et sont difficiles à quantifier. Comme l’a souligné le Fonds monétaire international (FMI), « les guerres, au-delà de leur bilan humain, entraînent des coûts économiques considérables et persistants et imposent des compromis macroéconomiques complexes. »
La guerre dans le golfe Persique a eu des répercussions sur l’offre de pétrole brut, ce qui a entraîné une baisse des importations de brut dans plusieurs régions du monde. Par exemple, les importations chinoises de pétrole brut transporté par voie maritime ont diminué de 3,6 millions de barils par jour (Mb/j) de février à avril. De même, les importations du Japon ont baissé de 1,9 Mb/j, celles de la Corée de 1,0 Mb/j et celles de l’Inde, de 0,76 Mb/j. Le secteur pétrochimique a été durement touché par la raréfaction croissante des matières premières, qui a entraîné la hausse des prix des produits raffinés. Le secteur de l’aviation a également été fortement touché. En raison de la perturbation des exportations de pétrole du Moyen-Orient, les prix du carburant d’aviation ont presque triplé, ce qui a entraîné une baisse de l’activité aérienne. Cette baisse a contribué à relâcher la pression sur les prix du carburant aviation, même si elle a eu un effet négatif général sur le secteur de l’aviation.
Dans les récentes Perspectives de l’économie mondiale (PEM) publiées par le FMI en avril 2026, l’organisme présente des « prévisions de référence » fondées sur l’hypothèse que la guerre sera relativement de courte durée, de sorte que les perturbations s’estomperont d’ici mi-2026, conformément aux cours des contrats à terme sur les produits de base observés au 10 mars. Selon ce scénario, la croissance mondiale devrait s’établir à 3,1 % en 2026 et à 3,2 % en 2027, par rapport à la croissance de 3,4 % en 2025. Cela représente une légère baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport aux prévisions publiées trois mois plus tôt, car les effets négatifs du conflit sont en partie compensés par la diminution des droits de douane, les mesures de soutien existantes et des performances économiques plus vigoureuses que prévu à la fin de 2025 et au cours du premier trimestre de 2026 dans certains pays. Néanmoins, de fortes disparités demeurent entre les pays, étant donné que les économies à faible revenu et celles importatrices de produits de base subissent des répercussions économiques plus importantes en raison de la hausse des prix de l’énergie et des aliments, ainsi que de la dépréciation du taux de change découlant de l’appréciation du dollar américain.
Les perspectives de croissance mondiale pour les économies avancées comme groupe demeurent inchangées à 1,8 % pour 2026 et à 1,7 % pour 2027. L’économie des États-Unis devrait croître de 2,3 % en 2026, ce qui représente une baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport aux projections publiées en janvier 2026. D’un autre côté, le groupe des marchés émergents et des économies en développement a vu une révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage pour 2026 et il devrait connaître une croissance de 3,9 %.
Selon le rapport d’avril 2026 de la Banque du Canada, les perspectives économiques du Canada demeurent largement inchangées, même si la composition de la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait changer. Étant donné que le Canada est un exportateur net de pétrole, la hausse des prix du pétrole se traduit par une augmentation des revenus pour l’industrie, tandis que les gouvernements perçoivent des recettes fiscales et des redevances plus élevées. Néanmoins, les consommatrices, les consommateurs et les entreprises doivent absorber la hausse rapide des coûts de l’essence et d’autres produits, ce qui réduit leur pouvoir d’achat. Dans l’ensemble, la consommation et les dépenses publiques demeurent vigoureuses, tandis que les exportations et les investissements des entreprises continuent de faiblir, ce qui prolonge la tendance observée en 2025. Le ralentissement du marché de l’habitation pèse également sur la croissance. Comme le FMI, la Banque du Canada s’appuie sur un grand nombre d’hypothèses, et les projections demeurent largement tributaires de l’évolution future des marchés. Selon le Rapport sur la politique monétaire (RPM) d’avril 2026 de la Banque, le scénario de référence prévoit que l’économie connaîtra une croissance de 1,2 % en 2026 et de 1,6 % en 2027. À titre de comparaison, les perspectives du FMI pour le Canada s’établissent à 1,5 % pour 2026, ce qui représente une baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport à la mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) du FMI publiée en janvier 2026, tandis que les prévisions pour 2027 demeurent inchangées à 1,9 %. En ce qui concerne l’inflation, la Banque du Canada prévoit une augmentation à court terme (l’indice des prix à la consommation (IPC) s’établissait à 2,4 % en mars) avant de revenir à la cible de 2 % au début de 2027.
En général, les prévisions relatives à la demande mondiale de pétrole continuent de diverger. D’un côté l’Agence internationale de l’énergie (AIE) projette que la demande au deuxième trimestre de 2026 subira une contraction d’environ 2,5 %, ou 2,45 Mb/j, dont plus de 60 % de la baisse provenant des pays non-membres de l’OCDE. Selon les projections de l’AIE, la demande mondiale de pétrole baissée de 0,42 Mb/j en 2026, pour s’établir en moyenne à 104,0 Mb/j, ce qui représente une réduction de 1,3 Mb/j par rapport aux prévisions d’avant la guerre. Ces perspectives concordent en général avec la projection de l’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis selon laquelle la demande mondiale de pétrole se situe à 104,2 Mb/j en 2026, ce qui représente une légère hausse de 0,2 Mb/j par rapport aux niveaux de 2025. D’un autre côté, le rapport Monthly Oil Market Report (MOMR) de l’OPEP publié en mai 2026 projette une croissance de la demande de 1,2 Mb/j en 2026, ce qui porte la demande mondiale moyenne à 106,3 Mb/j en comparaison avec l’estimation de 105,2 Mb/j en 2025.
2.1.2 Approvisionnement mondial en pétrole brut
Les marchés mondiaux du pétrole brut qui, au début de l’année, se caractérisaient par une offre excédentaire persistante et des pressions à la baisse sur les prix, sont passés à une hausse rapide des prix et une volatilité accrue après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient impliquant les États-Unis, Israël, l’Iran et plusieurs autres pays du golfe Persique. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes conjointes contre l’Iran, tuant plusieurs responsables clés de l’Iran, y compris le guide suprême de longue date de la République islamique. L’Iran a riposté rapidement et a ciblé des infrastructures clés du golfe Persique, y compris les bases militaires américaines et les installations de production d’énergie et de raffinage.
Dans les jours qui ont suivi les premières frappes, les attaques contre les navires transporteurs de pétrole dans le golfe ont entraîné l’arrêt de la navigation dans le détroit d’Ormuz, ce qui a nui à la production et au transport du pétrole. Le détroit d’Ormuz est un passage maritime qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Il s’agit du seul passage maritime qui relie le golfe Persique, où se trouvent de nombreux pays producteurs de pétrole, dont les Émirats arabes unis (EAU), le Qatar, Bahreïn, le Koweït et l’Irak, à l’océan. Entre 2023 et 2025, 25 % du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime passait chaque année par le détroit. Il demeure une voie essentielle en matière d’exportation de pétrole pour l’Europe et l’Asie et il joue un rôle particulièrement important dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Au début du mois de mai, plus de 10 semaines après le début du conflit, les perturbations de l’approvisionnement en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz persistent, tandis que les réserves mondiales de pétrole s’épuisent à un rythme record.
En raison du conflit, la production de l’OPEP a chuté en mars 2026 de 28,7 millions de barils par jour (Mb/j) à 20,8 Mb/j, ce qui représente un déclin de 27 % par rapport aux niveaux de février 2026. L’Arabie saoudite, le plus grand producteur de l’OPEP, a réduit sa production de 23 %, soit de 10,1 Mb/j à 7,8 Mb/j, à la suite d’attaques contre un oléoduc est-ouest essentiel qui transporte le pétrole du golfe Persique vers la mer Rouge. La production en Irak a enregistré la plus forte baisse, plongeant de 61 %, soit de 4,2 Mb/j en février à 1,6 Mb/j en mars. De même, la production au Koweït et aux Émirats arabes unis a respectivement décliné de 53 % et 44 % d’un mois à l’autre. Parallèlement, la production iranienne n’a diminué que de 5 %, passant de 3,24 Mb/j à 3,06 Mb/j en mars par rapport au mois de février. Comme le détroit d’Ormuz est largement contrôlé par l’Iran, le pays a continué d’exporter son pétrole pendant la guerre en passant par le détroit d’Ormuz.
Selon les estimations de l’AIE, la production des pays du golfe touchés par la fermeture du détroit d’Ormuz était inférieure de 14,4 Mb/j aux niveaux d’avant la guerre, tandis que d’autres pays producteurs ont augmenté leur production pour aider à compenser ce déficit. En réponse à la crise, les producteurs de l’extérieur du golfe Persique ont augmenté leur production et leurs exportations qui ont atteint des niveaux record. Selon l’AIE, les prévisions de croissance de l’offre en 2026 pour les Amériques ont été révisées à la hausse de plus de 0,6 Mb/j depuis le début de l’année, pour atteindre une augmentation moyenne de 1,5 Mb/j. La plus forte hausse des exportations a été observée aux États-Unis, au Brésil, au Canada, au Kazakhstan et au Venezuela.
L’EIA des États-Unis a révisé ses projections de production de pétrole pour les États-Unis. Même si les estimations de production pour 2026 demeurent inchangées à 13,6 Mb/j, ce qui correspond aux niveaux de 2025, la projection pour 2027 a considérablement augmenté, passant de 13,3 Mb/j à 14,1 Mb/j, ce qui laisse présager un nouveau record de production. Cette augmentation se produit malgré une légère baisse du nombre d’appareils de forage, dans un contexte de discipline financière plus stricte chez les producteurs indépendants. Même si le Canada a maintenu des niveaux de production relativement stables, la demande extérieure plus forte et les prix plus élevés du brut ont fait augmenter les revenus de l’industrie. De plus, le Canada a constaté un regain d’intérêt pour l’investissement de la part des grandes sociétés internationales, notamment Shell, entre autres.
Les Émirats arabes unis (ÉAU) ont annoncé leur retrait des groupes des pays membres de l’OPEP et de l’OPEP et ses alliés à partir du 1er mai 2026. Les ÉAU ont fait partie de l’OPEP pendant près de 60 ans au cours desquels le pays était le troisième plus grand producteur du cartel. Les spécialistes suggèrent que les ÉAU pourraient accroître leur production de pétrole d’environ 1,0 Mb/j en dehors du cadre de l’OPEP. De plus, dans le but d’atténuer le resserrement des marchés, les États-Unis ont temporairement levé les sanctions contre le pétrole russe transporté par voie maritime, ce qui a entraîné une augmentation des exportations russes de brut.
Avant le conflit au Moyen-Orient, les réserves mondiales de pétrole s’établissaient à 8 210 millions de barils en janvier 2026. Le 11 mars, les pays membres de l’AIE ont convenu de libérer 400 millions de barils de pétrole issus des réserves d’urgence pour faire face aux perturbations causées par la guerre au Moyen-Orient. Au début du mois de mai, 164 millions de barils avaient déjà été mis sur le marché. L’EIA des États-Unis anticipe cette année une diminution des stocks mondiaux de pétrole de 2,6 Mb/j, ce qui équivaut à près d’un milliard de barils au total.
L’AIE estime que les flux qui transitent par le détroit d’Ormuz reprendront graduellement à partir de juin. Néanmoins, l’offre mondiale de pétrole devrait baisser en moyenne de 3,9 Mb/j en 2026 pour s’établir à 102,2 Mb/j par rapport à 106,1 Mb/j en 2025. Cela représente une importante révision à la baisse de 6,4 Mb/j par rapport aux prévisions de février 2026, qui s’établissaient à 108,6 Mb/j. L’AIE prévoit que la demande pourrait dépasser l’offre de 1,8 Mb/j en 2026. Les estimations de la production mondiale établies par l’EIA des États-Unis concordent généralement avec les perspectives de l’AIE, prévoyant une production de 101,6 Mb/j, ce qui représente un recul de 4,8 Mb/j par rapport à 2025 et un rajustement à la baisse de 6,3 Mb/j par rapport aux projections d’avant la guerre. D’après ce scénario, la demande mondiale dépassera en 2026 l’offre de 2,6 Mb/j.
La guerre a provoqué un choc majeur sur les marchés et une volatilité accrue des prix du pétrole, les indices de référence du brut ayant subi d’importantes fluctuations en réaction à des signaux contradictoires concernant une éventuelle résolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran. La Banque mondiale souligne que « la volatilité des prix du pétrole est environ deux fois plus élevée en période de tensions géopolitiques qu’en période de calme, une baisse de 1 % de la production pétrolière attribuable à des facteurs géopolitiques se traduisant par une hausse moyenne des prix de 11,5 % ». Par exemple, l’indice de référence du Brent est passé de 118 $ US le baril le 31 mars à 101 $ US le baril le 1er avril, ce qui représente une baisse d’environ 14,5 % en une seule journée. Le WTI a connu une baisse similaire, passant de 113 $ US le baril à 94 $ US le baril entre le 7 avril et le 8 avril, ce qui représente une baisse de près de 17 % en une journée. Ces derniers mois, de telles fluctuations de prix sont devenues de plus en plus courantes en raison de nouvelles concernant d’éventuelles résolutions du conflit au Moyen-Orient, qui ne se sont pas encore concrétisées.
2.2 Prix de l’essence dans l’ensemble du Canada
Au cours des trois derniers mois, les prix moyens de l’essence au Canada ont augmenté rapidement et ont globalement suivi les fluctuations des indices de référence du pétrole brut. Les augmentations ont été relativement constantes dans toutes les provinces canadiennes. Dans l’Est du Canada, les prix moyens de l’essence ont augmenté de 22,2 % au Québec et de 22,5 % au Nouveau-Brunswick, tandis que la Nouvelle-Écosse a connu une hausse de 26,3 %. Dans les Prairies et l’Ouest du Canada, les prix ont augmenté entre 30,8 % en Colombie-Britannique et 32,3 % au Manitoba. L’Ontario, avec une augmentation de 29,1 %, s’est retrouvé au milieu de la fourchette. Les Territoires-du-Nord-Ouest ont subi une augmentation de 21,6 %, tandis que le Yukon a enregistré une hausse de 23,5 % par rapport à la précédente mise à jour sur les coûts de carburant (février 2026, pour publication le 1er avril 2026). Le Nunavut a fait figure d’exception où le prix moyen de l’essence sur trois mois a baissé de 1,7 % (voir ci-dessous pour obtenir de plus amples renseignements).
Au Canada, les prix de l’essence incluent toutes les taxes applicables. Les prix varient beaucoup à travers le Canada, surtout en raison de la différence dans les types et les montants des taxes perçues sur le carburant dans les différentes provinces et les divers territoires. La présente mise à jour a calculé les prix moyens de l’essence ordinaire qui sont facturés à la pompe. Les données sur le prix du carburant ont principalement été obtenues auprès de Kalibrate (précédemment Kent Marketing) pour le compte de Ressources naturelles Canada en fonction des prix quotidiens du carburant publiés pour 78 endroits dans l’ensemble du Canada. Ces données ont été vérifiées auprès d’autres bases de données qui font elles aussi un suivi des prix du carburant à travers le Canada.
Conformément à la méthodologie du rapport annuel, pour déterminer le prix moyen de l’essence par province ou territoire, nous avons eu recours dans la présente mise à jour à des moyennes pondérées d’après la population pour mieux nous conformer à la réalité. Ainsi, les centres de la population métropolitaine représentent une plus grande partie du prix total moyen en comparaison avec les plus petites villes.
Le tableau ci-dessous montre le prix moyen de l’essence ordinaire pour l’ensemble des provinces et territoires canadiens, exprimé en dollars par litre, pour la période de mars à mai 2026 :
|
Province/territoire |
Prix du carburant actuel |
Prix du carburant - Mise à jour du 1er avril 2026 |
Changement de prix |
|---|---|---|---|
|
Alberta |
1,563 $ |
1,191 $ |
0,372 $ |
|
Colombie-Britannique |
1,991 $ |
1,522 $ |
0,469 $ |
|
Île-du-Prince-Édouard |
1,798 $ |
1,437 $ |
0,361 $ |
|
Manitoba |
1,612 $ |
1,218 $ |
0,394 $ |
|
Nouveau-Brunswick |
1,685 $ |
1,375 $ |
0,310 $ |
|
Nouvelle-Écosse |
1,706 $ |
1,351 $ |
0,355 $ |
|
Nunavut |
1,516 $ |
1,542 $ |
-0,026 $ |
|
Ontario |
1,666 $ |
1,290 $ |
0,376 $ |
|
Québec |
1,800 $ |
1,473 $ |
0,327 $ |
|
Saskatchewan |
1,618 $ |
1,227 $ |
0,391 $ |
|
Terre-Neuve-et-Labrador |
1,823 $ |
1,451 $ |
0,372 $ |
|
Territoires du Nord-Ouest |
1,675 $ |
1,378 $ |
0,297 $ |
|
Yukon |
1,845 $ |
1,494 $ |
0,351 $ |
Les données sur le prix du carburant ont été extraites pour une période de trois mois (du 17 février au 15 mai 2026) afin de suivre la tendance du prix courant de l’essence. Des rapports ultérieurs cibleront des périodes de trois mois suivant la période visée dans la présente étude. On a constaté que les prix moyens du litre d’essence par province ou territoire variaient entre 1,516 $ au Nunavut et 1,991 $ en Colombie-Britannique, et que la moyenne canadienne était de 1,735 $ par litre, une hausse significative de 38,0 cents depuis la dernière mise à jour sur les prix du carburant (février 2026 pour publication le 1er avril 2026).
Comme décrit dans les sections précédentes, les prix moyens de l’essence ont connu une hausse considérable partout au Canada, principalement en raison de la forte augmentation des prix mondiaux du pétrole brut causée par le conflit au Moyen-Orient. Pour alléger le fardeau des consommatrices et des consommateurs, le gouvernement fédéral a temporairement supprimé la taxe d’accise fédérale, et ce, à partir du 20 avril 2026 au 7 septembre 2026. Cette mesure a fait diminuer le prix de l’essence de 10 cents le litre partout au Canada, ce qui a modérément tempéré la hausse rapide des prix du carburant.
Le prix moyen de l’essence au Nunavut fait exception à la hausse générale des prix des carburants. Il a même légèrement diminué par rapport à la dernière mise à jour sur le prix du carburant (février 2026 pour publication le 1er avril 2026). Cette baisse est attribuable à la même réduction de la taxe d’accise fédérale, qui a fait baisser les prix de l’essence déjà établis au Nunavut de 10 cents le litre le 20 avril, à l’exception d’Iqaluit, où les prix de détail ont suivi la même tendance à la hausse que dans le reste du Canada.
À titre d’illustration, le graphique 1 présente les prix de l’essence dans les principales régions métropolitaines pour une période d’un an (de mai 2025 à mai 2026).

Également à titre d’illustration, le graphique 2 présente les prix du pétrole brut de trois références – WTI (West Texas Intermediate), Brent et WCS (Western Canadian Select) pour une période d’un an (de mai 2025 à mai 2026).

2.3 Taxes de vente
Pour la présente mise à jour, une étude a été menée afin de déterminer si des changements pertinents dans les taxes de vente fédérales et provinciales auraient eu une incidence immédiate sur les taux de remboursement. Au moment de publier cette mise à jour, aucune variation des taxes de vente n’avait été observée au Canada comparativement au rapport annuel précédent.
3. Répercussions des prix de l’essence sur les taux de remboursement
3.1 Consommation de carburant
Pour le calcul de la part des frais de carburant dans les coûts totaux d’utilisation des véhicules, la méthodologie employée dans le rapport annuel a été strictement respectée. La consommation de carburant pour chacun des modèles examinés dans le cadre de l’étude a donc été combinée aux prix moyens dans chaque province et territoire pour déterminer la part des frais de carburant dans les coûts d’utilisation, en fonction d’une moyenne de 20 000 kilomètres par année.
3.2 Taux de remboursement mis à jour
À des fins de comparaison, le tableau suivant présente les taux actualisés de déplacement en service commandé (taux par kilomètre) et de transport quotidien (taux par kilomètre réduits), ainsi que les taux calculés pour le rapport annuel précédent (novembre 2025, pour publication le 1er janvier 2026) et la mise à jour sur les prix du carburant de février 2026 (pour publication le 1er avril 2026) :
Barème des taux de remboursement actuels (en dollars par kilomètre)
|
Service commandé |
Transport quotidien |
|||||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Province/territoire |
Mise à jour actuelle sur le carburant |
Mise à jour du 1er avril 2026 |
Rapport annuel du 1er janvier 2026 |
Mise à jour actuelle sur le carburant |
Mise à jour du 1er avril 2026 |
Rapport annuel du 1er janvier 2026 |
|
Alberta |
0,590 $ |
0,560 $ |
0,565 $ |
0,240 $ |
0,210 $ |
0,220 $ |
|
Colombie-Britannique |
0,630 $ |
0,595 $ |
0,600 $ |
0,290 $ |
0,255 $ |
0,260 $ |
|
Île-du-Prince-Édouard |
0,620 $ |
0,595 $ |
0,600 $ |
0,270 $ |
0,240 $ |
0,245 $ |
|
Manitoba |
0,585 $ |
0,555 $ |
0,565 $ |
0,250 $ |
0,220 $ |
0,230 $ |
|
Nouveau-Brunswick |
0,630 $ |
0,605 $ |
0,610 $ |
0,260 $ |
0,235 $ |
0,240 $ |
|
Nouvelle-Écosse |
0,630 $ |
0,600 $ |
0,610 $ |
0,260 $ |
0,235 $ |
0,240 $ |
|
Nunavut |
0,700 $ |
0,700 $ |
0,705 $ |
0,315 $ |
0,315 $ |
0,320 $ |
|
Ontario |
0,655 $ |
0,625 $ |
0,630 $ |
0,255 $ |
0,225 $ |
0,230 $ |
|
Québec |
0,645 $ |
0,615 $ |
0,625 $ |
0,280 $ |
0,255 $ |
0,260 $ |
|
Saskatchewan |
0,580 $ |
0,550 $ |
0,560 $ |
0,250 $ |
0,220 $ |
0,230 $ |
|
Terre-Neuve-et-Labrador |
0,645 $ |
0,615 $ |
0,620 $ |
0,270 $ |
0,240 $ |
0,250 $ |
|
Territoires du Nord-Ouest |
0,725 $ |
0,695 $ |
0,700 $ |
0,330 $ |
0,295 $ |
0,305 $ |
|
Yukon |
0,730 $ |
0,690 $ |
0,700 $ |
0,350 $ |
0,310 $ |
0,320 $ |
Remarque : Tous les chiffres ont été arrondis vers le haut au demi-cent le plus près.
L’incidence des prix de l’essence sur les taux de remboursement était significative pour la présente mise à jour. En comparaison avec la dernière mise à jour sur le prix du carburant (février 2026, pour publication le 1er avril 2026), les taux de remboursement ont augmenté entre 2,5 cents par kilomètre et 3,5 cents par kilomètre pour les provinces. Pour les territoires, les taux de remboursement ont varié entre aucune modification et une augmentation de 4,0 cents par kilomètre.
En général, les moyennes pondérées canadiennes ont augmenté de 3,0 cents par kilomètre, tant pour les taux de déplacement en service commandé, que pour les taux de transport quotidien, par comparaison avec la dernière mise à jour sur les prix du carburant (février 2026 pour publication le 1er avril 2026). Ils se chiffrent actuellement à 63,5 cents par kilomètre et à 26,5 cents par kilomètre, respectivement.
Le carburant représente en moyenne 13,7 cents le kilomètre sur le coût global d’utilisation des véhicules, allant de 12,4 cents en Alberta, à 20,5 cents au Yukon. Étant donné la complexité des facteurs socioéconomiques touchant le marché mondial de l’énergie, il est difficile de prévoir le prix de l’essence pour les trois prochains mois. Cependant, tous les futurs changements seront présentés dans le prochain rapport de mise à jour sur les prix du carburant.